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l'Université de Moncton se positionne pour l'avenir

Publiée le jeudi 1 avril 2010

En ma qualité de recteur de l'Université de Moncton et de témoin et acteur privilégié des grands enjeux qui l'ont interpelée au cours des 30 dernières années, je salue cette initiative émanant du Sénat académique qui, à sa réunion du 28 août dernier, a voté de façon unanime en faveur de la création d'un ad hoc du Sénat dont le mandat serait « d'identifier des pistes de solution afin de positionner l'Université pour assurer sa mission, son développement et sa pérennité. »

 

Je voudrais également rappeler qu'en plus des deux coprésidents - la doyenne Lise Dubois et le professeur Sylvain Vézina - le comité est également formé de personnes élues par le Sénat. Le comité a décidé de mener au sein de la communauté universitaire des discussions en deux temps; les résultats de ces discussions seront ensuite débattus dans les facultés et écoles. Enfin, le comité ad hoc soumettra ses recommandations finales à la réunion du Sénat académique d'octobre 2010.

 

Comme toute institution responsable et imputable, l'Université de Moncton doit périodiquement se pencher sur ce qu'elle fait bien et sur les choses qu'elle pourrait modifier pour faire face aux nouveaux défis qui se pointent sans pour autant sacrifier sa mission première, soit celle d'une université francophone et généraliste.

 

Il faut également souligner que, dans l'immédiat, l'Université de Moncton n'a pas à composer avec une crise démographique ou financière. En fait, grâce à plusieurs initiatives, nous avons réussi à augmenter nos inscriptions au cours des dix dernières années et à maintenir un équilibre budgétaire en période de récession, ce qui n'est pas peu dire. Toutefois, des défis importants se dessinent à l'horizon : la dénatalité, le désengagement des gouvernements à l'égard de la formation supérieure, la croissance des dépenses de fonctionnement, etc. L'exercice que mène le comité consiste donc à trouver, de concert avec la collectivité universitaire, des pistes de solution qui permettront de définir la marche à suivre pour l'Université de Moncton par rapport à ces défis.

 

Le mandat du Comité s'inscrit davantage dans une démarche visant à maintenir, voire améliorer, la qualité des programmes de formation. Pour ce faire, ses membres ont fait un examen de l'ensemble des programmes de formation et des interactions entre eux. Ils se pencheront sur les pratiques entourant la prise de décisions relativement à la création, la modification, au maintien et à la prestation des programmes, tout en tenant compte de facteurs tels la mission de l'Université de Moncton, son insertion dans la société acadienne et francophone, ainsi que les activités de recherche, de développement et de création. Cela étant dit, les travaux du comité ne touchent ni les disciplines, ni les postes.

 

Ainsi, même si l'examen de la carte des programmes devait conclure que certains programmes sont en effet en péril pour des raisons diverses comme un faible taux d'inscriptions ou encore un corps professoral insuffisant, cela ne signifie pas pour autant qu'ils soient voués à disparaître, car le processus prévu tient compte d'autres facteurs, comme la mission de l'Université et la pertinence sociale des programmes de formation. Qui plus est, le rôle du comité est de formuler des recommandations au Sénat académique, et au Conseil des gouverneurs le cas échéant.

 

À l'écoute de la population :

Dans le contexte actuel, il est rassurant de constater à quel point la communauté continue de s'intéresser à l'avenir de notre institution. Parallèlement, il convient de rappeler que l'université a été à l'écoute de la population à plusieurs reprises par le passé. Mentionnons en particulier quatre grands exercices publics qui ont eu lieu au cours de la dernière décennie.

 

Les premières consultations ont été menées en 2001 par le Groupe de travail sur les orientations futures de l'Université de Moncton. Présidé par l'ancien juge en chef Guy Richard et composé entièrement de membres de l'extérieur de l'université, il a tenu des audiences publiques dans les principales régions de la province et a reçu un grand nombre de mémoires de la part d'organismes et d'individus. Le rapport et les recommandations du Groupe de travail marquent une étape importante dans l'histoire de notre institution. Le processus qui a suivi le dépôt du rapport a permis à l'université d'apporter des modifications à sa mission pour tenir compte des nouvelles orientations proposées.

 

En adoptant la majorité des quelque 48 recommandations du Groupe de travail, l'université s'est donné des outils importants pour assurer son développement et son épanouissement pour les décennies à venir. À titre d'exemple, des axes de développement ont été identifiés et des modifications ont été apportées à La Loi sur l'Université de Moncton afin de tenir compte des vocations particulières accordées à chacun des campus.

 

Toujours sur l'avenir de l'Université de Moncton, la population a été consultée à nouveau en 2007 et 2008 lors des travaux de la Commission sur l'éducation postsecondaire du Nouveau-Brunswick, mise sur pied par le gouvernement provincial et menée par les commissaires Jacques L'Écuyer et Rick Miner. La commission a mené ses consultations sur une période de huit mois. Elle a reçu plus de 100 mémoires (dont plusieurs issus de différents groupes de la société civile acadienne) et a écouté des centaines de personnes lors de 12 réunions publiques tenues un peu partout dans la province.

 

On se souviendra que le rapport L'Écuyer-Miner proposait le démantèlement de l'Université de Moncton pour créer de nouvelles entités « polytechniques », entre autres au Nord-Est et au Nord-Ouest. Nous avons réagi fortement afin de préserver l'intégrité de notre institution et de sa mission. Le gouvernement provincial a jugé bon de ne pas inclure cette option dans son plan d'action pour l'éducation postsecondaire. Il a plutôt proposé une plus grande collaboration entre les secteurs universitaires et collégiaux. Notre université s'est immédiatement engagée dans cette voie.

 

En 2007 également, l'université a participé aux travaux des États généraux des arts et de la culture dans la société acadienne du Nouveau-Brunswick. Par la suite, elle a été parmi les toutes premières institutions à mettre sur pied un comité de travail chargé d'étudier les recommandations issues de ces États généraux et de proposer un plan d'action.

En tant que partenaire privilégié du secteur culturel, l'université continue à jouer un rôle très important afin d'assurer le développement des ressources humaines en arts et en culture en Acadie.

 

Enfin, une grande consultation publique, initiée par le Forum de concertation des organismes acadiens et francophones, a eu lieu l'an dernier. Un financement important a permis d'organiser le «Rendez-vous citoyen sur les opportunités, enjeux et défis de l'éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick». Des représentants de l'Université de Moncton, dont le recteur et les vice-recteurs, ainsi que des dirigeants étudiants et du corps professoral, ont participé aux trois rencontres, tenues à Beresford, Dieppe et Edmundston.

 

Comme on peut le constater, l'université a toujours cherché à se tenir au diapason des besoins de la communauté et à chaque fois qu'elle a voulu modifier sa mission, elle l'a fait en consultation avec la population qu'elle dessert. Il faut cependant préciser que l'exercice en cours n'est pas une remise en question de notre mission. Après ces quatre grands exercices publics, il incombe maintenant à l'université de procéder à un examen interne afin d'identifier des pistes de solution pour assurer le meilleur environnement d'apprentissage possible pour nos étudiants et nos étudiantes.

 

Nous avons la responsabilité, voire le devoir, d'agir afin d'offrir une programmation de qualité dans le respect de notre mission. C'est ce que le Sénat académique et le Conseil des gouverneurs ont choisi de faire et il faut applaudir l'initiative.

J'espère que les propos qui précèdent présentent les éléments nécessaires afin que chacun puisse comprendre la démarche en cours. En fait, comme l'indique le mandat du comité, il devrait en résulter une université mieux positionnée pour assurer sa mission, son développement et sa pérennité.

 

Yvon Fontaine

Recteur et vice-chancelier

Université de Moncton

 

Source : L'Étoile



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