Publiée le jeudi 20 mai 2010
Depuis 10 ans, Yvon Fontaine est à la tête d'une des plus importantes institutions acadiennes : l'Université de Moncton. Alors qu'une autre année universitaire se termine, il fait avec nous le bilan des grands dossiers en cours à l'université.
L'Étoile : Une autre année universitaire tire à sa fin. Quelles sont les principales préoccupations du moment à l'Université de Moncton?
Yvon Fontaine : De manière générale, les grands défis de l'Université de Moncton, ne sont pas propres à notre université. Beaucoup des grands enjeux qui touchent notre université touchent les universités de façon générale. Mais je commencerais par dire que c'est toujours intéressant de voir le bilan de fin d'année de l'université. Pour moi, le bilan le plus important, c'est de voir le nombre de diplômés. Certains vont continuer des études, d'autres vont aller faire leur contribution à la société. Cette année, on a un peu plus de mille diplômés. Alors, c'est un contingent très important, surtout quand on sait que près de 90% de ces gens intègrent le marché du travail au Nouveau-Brunswick. C'est très positif et on voit bien que nos diplômés ont toujours fait une différence. Ce sont de véritables leaders dans la société néo-brunswickoise.
L'Étoile : On sait que la majorité des universités de la province font face à un déclin des inscriptions. L'Université de Moncton réussit-elle toujours à attirer autant d'étudiants?
Y. F. : Oui. D'abord, on voit que le taux de participation aux études universitaires, quand on le mesure par le nombre d'étudiants des écoles secondaires francophones de la province, est resté entre 28 et 31% par année. Depuis deux ou trois ans, on est au-dessus de la barre de 30%. Ce qui veut dire que l'Université de Moncton continue à attirer un très haut pourcentage des étudiants qui terminent leurs études secondaires dans les écoles francophones. On sait qu'à 30%, c'est plus élevé que l'ensemble de la communauté anglophone qui fait des études universitaires. L'autre élément pour nous, c'est que le marché étudiant acadien traditionnel n'est pas en expansion. Au contraire, on voit une décroissance démographique. Si on a réussi à se maintenir à environ 5000 étudiants, c'est grâce à des efforts concentrés sur des marchés de recrutement qui sont tout à fait complémentaires à la mission de notre université. Dans la francophonie nationale et internationale notamment.
L'Étoile : Un des gros dossiers entamés à l'université cette année est la révision des programmes. Pourquoi ce processus est-il nécessaire?
Y.F. : Les observateurs devraient applaudir une initiative comme ça. Une organisation a besoin, de temps à autre, de prendre le recul nécessaire pour faire son bilan au niveau de son activité principale. La matière première d'une université, ce sont ses programmes de formation. Je pense que c'est tout à fait correct pour nous de faire un exercice comme ça. L'université a réussi à maintenir un équilibre budgétaire, a réussi à assurer un traitement salarial compétitif pour son corps professoral, mais on veut s'assurer qu'on va pouvoir maintenir une saine gestion financière de notre université. Pour cela il faut faire des bons choix et être proactif dans nos démarches.
L'Étoile : Pensez-vous que la communauté acadienne devrait être consultée dans le cadre de ce processus?
Y.F. : C'est une question qui a été soulevée au cours du processus. J'ai publié une lettre ouverte sur cette question. Essentiellement, je pense que l'Université de Moncton est très consciente que nous sommes les fiduciaires de la gestion d'une institution qui est au centre du développement de la collectivité acadienne. Tout le monde est très sensible à ça. J'ai aussi rappelé que l'Université de Moncton, lorsqu'elle a eu à réfléchir à sa mission, a toujours eu un dialogue avec la communauté. Depuis que je suis recteur, donc depuis 10 ans, il y a eu quatre occasions où il y a eu un dialogue avec la communauté. Ce qu'il faut bien comprendre de l'exercice présent, c'est que nous sommes en train de documenter des enjeux autour de la carte des programmes et que le mandat du groupe n'est pas de faire des recommandations décisionnelles sur l'élimination de programmes. Il ne faut pas penser que c'est quelque chose qui vient transformer la mission de l'université.
Source : L'Étoile
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