Publiée le lundi 21 mars 2011
Le romancier, dramaturge et poète primé Michael Redhill de Toronto était le plus récent invité de la série de lectures publiques Michael Ondaatje à Glendon, le 9 mars.
Redhill a lu un extrait de Fidelity, un recueil de nouvelles publié en 2003 (Anchor Canada, une division de Random House of Canada Ltd.) dans une édition dont la conception artistique et le papier fin plaisent particulièrement aux bibliophiles.
Il a lu sa nouvelle préférée du recueil, A Lark, l’histoire d’une brève aventure entre un homme marié approchant de la quarantaine et une très jeune femme qui travaille dans la même société que lui. Comme cela semble être le cas dans toute l’œuvre de Redhill, l’histoire pose un dilemme moral. Si l’on fait quelque chose d’immoral, mais que personne ne s’en rend compte et que cette situation prend fin sans avoir de répercussions importantes, est-ce qu’on en ressort différent? Ou bien la vie continue-t-elle comme si rien n’était arrivé? Ou bien sera-t-on puni plus tard?
Les dilemmes moraux sont le domaine de prédilection de Redhill et il nous les présente de manière directe et avec des dialogues d’un réalisme parfait. Ses personnages sont des gens ordinaires – qui pourraient être nous ou des gens de notre entourage – confrontés à des situations de la vie quotidienne. Leurs relations sont souvent bancales, ce qui rend le titre du recueil ironique, sachant qu’un grand nombre des protagonistes sont infidèles d’une manière ou d’une autre. Le monde de Redhill est plutôt sombre et pessimiste et l’auteur se sent particulièrement à l’aise dans l’exploration des questions profondes, philosophiques et existentielles.
Redhill écrit depuis son adolescence. Il a commencé par des nouvelles qui n’ont pas été publiées, puis est passé à l’écriture de poèmes qui furent publiés dans plusieurs revues. À Glendon, il a aussi lu un poème de son recueil, Asphodel, (McClelland & Stewart 1997) dans lequel il examine le miracle de sa propre création : son fils de huit mois. Poète prolifique à ses débuts, Redhill n’écrit plus beaucoup de poèmes aujourd’hui, expliquant que c’est un processus mental très différent de la rédaction de prose, qu’il s’agisse de théâtre ou de fiction, et qu’il ne semble plus être dans cet état d’esprit.
Redhill a parlé de son processus d’écriture : il fait très rapidement un premier jet, puis consacre beaucoup de temps, parfois des années, à le réécrire et à le peaufiner jusqu’à ce qu’il se sente prêt à le publier. Parmi ses œuvres de fiction les plus connues, Martin Sloane (Toronto: Doubleday Canada 2001) a remporté plusieurs prix, notamment le Commonwealth Writers’ Prize (2002) et le Books in Canada First Novel Award (2001), et a fait l’objet de plusieurs nominations. Consolation (Toronto: Doubleday Canada 2006) a reçu le City of Toronto Book Award (2007) et a figuré sur la liste longue du Man Booker Prize (2007). Sa pièce de théâtre, Building Jerusalem, a remporté un prix Dora (2000) et un prix Chalmers (2001) et a été mise en nomination pour un Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie théâtre (2001). Toutes ces œuvres reflètent l’attention particulière qu’il accorde au style, au dialogue et au développement de ses personnages, chaque mot étant soigneusement choisi.
« Les écrivains pensent toujours qu’il existe une quête morale, a dit Redhill, bien que cette morale ne soit pas toujours positive. Quand je commence à écrire, j’ai une idée générale de l’orientation du récit, mais pas de plan détaillé. J’essaie de trouver de la vérité dans mes personnages. »
De nombreux écrivains affirment qu’à mesure que les personnages de leurs romans prennent forme, ils deviennent des personnes à part entière et entraînent l’auteur dans leurs actions. Redhill a précisé qu’il ne pense pas que ce soit son cas. « Écrire une histoire, c’est découvrir un savoir ou des sentiments que l’on a déjà en soi, en tant qu’écrivain, mais dont on n’a peut-être pas pris conscience ou que l’on n’a pas encore exprimés. »
Redhill a expliqué qu’au début de sa carrière, il cherchait à réussir, à être publié et à devenir célèbre. Aujourd’hui, âgé d’une quarantaine d’années, ce qui l’intéresse surtout et le satisfait le plus, c’est explorer et approfondir des idées.
Il a trouvé un bon équilibre entre la création littéraire – à laquelle il se consacre 2 à 3 heures par jour – et son travail sur la revue littéraire canadienne Brick, dont il est le rédacteur en chef et l’un des éditeurs. La revue le rattache à la réalité quotidienne des dates d’échéance et le fait participer à des activités de gestion et d’organisation, qui bien qu’ordinaires sont agréables. Il cuisine aussi régulièrement pour sa famille et participe activement aux tâches domestiques.
En ce qui concerne l’origine des idées et leur évolution en histoires, Rehdill a déclaré : « …une idée, c’est comme une perle, un élément irritant autour duquel se développe toute une histoire pour le résorber. »
Source : le Collège universitaire Glendon
Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon
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