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Au-delà des dépenses accrues pour les prisons : des experts préconisent un plan national sur les droits des victimes

Publiée le jeudi 14 avril 2011

Soixante experts de partout au Canada se sont réunis à l’Université d’Ottawa pour un symposium national sur les droits des victimes. Après avoir entendu des représentants d’organismes d’application de la loi, du milieu judiciaire, de groupes de défense ou de services aux victimes, de survivants et du milieu universitaire, les deux associations d’aide aux victimes parrainant l’événement ont fait appel aux partis politiques pour qu’ils adoptent un plan d’action national dans le but d’augmenter sensiblement l’aide financière aux victimes d’actes criminels.

 

Le symposium, Victim Rights in Canada, Reaching International Standards (en anglais seulement) a exploré les façons dont le Canada pourrait mieux se conformer aux normes internationales et s’inspirer de pratiques établies aux États-Unis et au sein de l’Union européenne, qui offrent une protection, des droits, des services et un soutien accrus aux victimes de la criminalité.

 

« Nous devons rééquilibrer la justice au pays à l’aide d’un plan d’action national qui permettra au Canada d’assumer un rôle de leadership sur le plan des efforts pour dédommager les victimes et leur fournir les services et l’information dont elles ont besoin », affirme Irvin Waller, professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa et président de l’International Organization for Victim Assistance. « Si les États-Unis et l’Union européenne peuvent se le permettre, nous aussi nous le pouvons. »

 

Cette année encore, au moment où les dirigeants politiques débattent des dépenses associées aux crimes et à la justice en pleine campagne électorale fédérale :

 

  • un adulte canadien sur dix sera victime d’une attaque ou d’un autre crime violent;
  • moins de 10 % des agressions sexuelles seront signalées à la police;
  • les victimes de crimes subiront l’équivalent de 83 milliards de dollars en pertes, blessures et traumatismes.

 

Et pourtant, les dépenses pour les victimes proposées par le gouvernement fédéral dans le cadre d’un programme axé sur « la loi et l’ordre » s’élèvent à environ 13 millions de dollars pour améliorer l’aide offerte et à 50 millions pour la prévention (montant qui va en s’amenuisant), soit moins de 2 % des sommes croissantes allouées à l’application de la loi et aux prisons. Pendant ce temps, les propositions de réformes pour les victimes de crimes accumulent la poussière sur les tablettes.

 

« L’adoption d’une ligne dure face au crime n’aide en rien les victimes, à moins d’être jumelée à de l’action concrète. Le moment est venu de dépenser autant pour la prévention du crime et l’aide aux victimes que pour la punition des délinquants », a déclaré Heidi Illingworth, directrice générale du Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes. « Nous construisons des prisons et ignorons les victimes de crimes. »

 

Au symposium, Irvin Waller a discuté de son nouvel ouvrage Rights for Victims of Crime : Rebalancing Justice où il fait état des connaissances et pratiques actuelles en matière de droits des victimes dans le monde ainsi que du retard qu’accuse le Canada dans pratiquement tous les domaines.

Les organisateurs du symposium préconisent les mesures suivantes :

 

  • Un plan d’action national comprenant des normes applicables aux services de police, aux autres services, au dédommagement, à la compensation, à la poursuite judiciaire et aux cours de justice; le plan viserait aussi certaines victimes particulières, dont les femmes, les enfants et les populations autochtones.
  • La nomination d’une personne pour défendre les intérêts des victimes dans chaque province et territoire et relevant directement de l’assemblée législative.
  • Un institut national indépendant axé sur la recherche et le développement pour informer les décideurs publics.
  • Un financement équivalant à environ 10 % des dépenses actuelles sur le plan de la justice criminelle.

 

Parmi les invités et panélistes :

 

  • Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu
  • Steve Sullivan, directeur général, Services aux victimes d’Ottawa
  • Sharon Rosenfeldt, présidente, Victims of Violence
  • Patrick Thiele, directeur, Saskatchewan Restitution Program
  • Arlène Gaudreault, présidente, Plaidoyer-Victimes

 

Source : l'Université d'Ottawa



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